Ad hominem | Définition
Construite sur le modèle d’une autre locution latine (ad personam), ad hominem est en réalité une ellipse de l’expression argumentum ad hominem.
Elle désigne le fait de discréditer le raisonnement d’un adversaire en s’attaquant non pas au fond de son argumentaire, mais à la cohérence de ses propos par rapport à ses propres paroles ou actes.
— Tu peux parler, toi et tes trois canettes de Coca par jour !
Explication :
Le deuxième locuteur ne répond pas à l’idée avancée (à savoir que les sodas seraient mauvais pour la santé), mais il se contente de la balayer d’un revers de main en arguant que celui qui la met sur la table n’a aucune légitimité à le faire, puisque lui-même consomme des sodas, a fortiori en grande quantité.
Son intervention relève typiquement de l’argument ad hominem.
Dans le langage courant, on parle plus souvent d’attaque ad hominem.
Ce type d’argumentation rhétorique relève du sophisme pur et simple.
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Ad hominem : définition
La locution ad hominem, tirée de la langue latine, est composée de la préposition ad (« vers »), et du nom commun hominem (« homme »).
Leur assemblage signifie littéralement « envers l’homme », ou « à l’encontre de l’homme ».
On l’utilise traditionnellement en association avec le nom argument, puisqu’elle s’applique à un procédé de rhétorique des plus courants… bien que quelque peu fallacieux.
L’argument ad hominem
L’argument ad hominem (ou argumentum ad hominem à l’origine et en philosophie classique) consiste, lors d’une discussion, d’un débat ou d’une joute verbale, à attaquer son adversaire non pas sur le fond de ses arguments, mais sur lui-même.
— On se demande bien pourquoi Monsieur Boursepleine, héritier de la plus grande entreprise du pays en termes de chiffre d’affaires annuel et exilé fiscal notoire, refuse de participer à l’effort collectif à hauteur de ses émoluments…
Dans l’exemple ci-dessus, la réponse de Monsieur Gagnepetit, bien qu’elle s’entende tout à fait, ne repose pas sur le fait de démontrer à l’aide d’arguments logiques et de données statistiques que les entreprises du CAC 40 pourraient davantage contribuer à l’effort collectif pour compenser la dette du pays.
Elle se contente de mettre en avant les intérêts de Monsieur Boursepleine à défendre sa position compte tenu de sa situation personnelle, en tournant la chose avec une ironie certaine.
C’est un exemple typique d’argument ad hominem : on attaque l’adversaire sur sa situation, ou la contradiction manifeste de ses propos avec d’autres qu’il tenait précédemment, afin de mieux le discréditer.
En effet, puisqu’ad hominem est une locution latine, elle demeure invariable en genre et en nombre en français, et cela même si elle est employée comme une locution adjectivale…
L’argument ad hominem s’invite régulièrement, pour ne pas dire chaque jour, à la table des débats politiques et sur les plateaux des chaînes d’information en continu.
La ficelle ne date pourtant pas d’aujourd’hui… Au XIXe siècle, Schopenhauer l’évoquait déjà dans son essai de dialectique L’Art d’avoir toujours raison, en ces termes :
« Quand l’adversaire fait une affirmation, nous devons chercher à savoir si elle n’est pas d’une certaine façon, et ne serait-ce qu’en apparence, en contradiction avec quelque chose qu’il a dit ou admis auparavant, ou avec les principes d’une école ou d’une secte dont il a fait l’éloge, ou avec les actes des adeptes de cette secte, qu’ils soient sincères ou non, ou avec ses propres faits et gestes. Si par exemple il prend parti en faveur du suicide, il faut s’écrier aussitôt : “Pourquoi ne te pends-tu pas ?”. Ou bien s’il affirme par exemple que Berlin est une ville désagréable, on s’écrie aussitôt : “Pourquoi ne prends-tu pas la première diligence ?” »
L’argument ad hominem, parce qu’il est cliquant et frappe « là où ça fait mal », marque davantage l’auditoire qu’une simple démonstration logique, à peu de frais et sans trop d’efforts rhétoriques. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’on le considère comme l’ultime étape avant l’insulte dans la hiérarchie du désaccord…
Le problème, c’est que l’argument ad hominem relève du sophisme…
Parce qu’il usurpe l’apparence d’un raisonnement logique, le sophisme se révèle généralement convaincant. Mais c’est un leurre…
Il s’agit d’une erreur de raisonnement, qui cherche davantage à persuader l’autre ou un auditoire plutôt que de rétablir une vérité.
Exemple de sophisme :
« Je me suis fait griffer par un chat quand j’étais petit, donc tous les chats sont agressifs. »
Le sophisme peut prendre la forme d’une généralisation hâtive, comme dans l’exemple ci-dessus, mais aussi d’autres figures fallacieuses telles que le syllogisme, la tautologie… ou l’argumentum ad hominem.
Comme tout sophisme employé en rhétorique, l’argument ad hominem n’est pas un procédé que l’on peut considérer comme valide en logique.
Il empêche un débat rationnel et sur le fond, et détourne l’attention pour mieux manipuler un adversaire et/ou son auditoire.
N. B. : Dans le langage courant ou journalistique, on parle plus souvent d’attaque ad hominem.
L’argument ad hominem circumstanciæ
Sous-catégorie de l’argument ad hominem, l’argument ad hominem circumstanciæ (parfois en partie francisé en ad hominem circonstanciel) consiste à opposer à son contradicteur des actions, des paroles ou des convictions qu’il a commises, prononcées ou défendues dans le passé.
Il porte le plus souvent sur la personnalité, le parcours de vie ou les relations interpersonnelles de l’adversaire.
Or, comme avec tout autre argument ad hominem, le fait qu’une situation vécue puisse influencer l’opinion d’un individu ne lui donne pas intrinsèquement tort…
L’argument ad hominem circumstanciæ n’est en réalité vraiment utile que s’il permet de discuter de la pertinence d’une opinion exprimée, pas s’il intervient pour condamner purement et simplement un contradicteur sans tenir compte de ses arguments sur le fond.
Ad hominem vs ad personam
L’argument ad hominem et l’argument ad personam (= contre la personne) sont souvent confondus l’un avec l’autre, puisque leurs définitions respectives sont très proches.
Cependant, il est nécessaire de rappeler la distinction entre les deux, car l’argumentum ad personam n’est pas la version « neutre » de l’argumentum ad hominem…
Là où l’argument ad hominem porte sur l’argumentation, les propos ou le comportement de l’adversaire, donc ses actes ou les faits le concernant, l’argument ad personam relève de l’attaque personnelle pure et simple.
Cette dernière se focalise sur des éléments aussi inhérents à sa personne que son sexe, son âge, son orientation sexuelle, son apparence physique, son poids, sa couleur de peau.
- Exemple d’argument ad hominem : Je trouve votre feuille de route bien laxiste, lorsqu’on sait comment l’insécurité a gangrené la ville que vous dirigez en seulement six ans de mandat.
- Exemple d’argument ad personam : Vous manquez de poigne, mademoiselle, mais cela ne m’étonne guère, vu la tenue nonchalante qui est la vôtre…
Pour clarifier, on pourrait dire que l’argument ad hominem s’attaque au personnage (= ce qu’il dit, fait…), quand l’argument ad personam se concentre sur la personne (= ce qu’elle est, fondamentalement).
Par conséquent, là où l’attaque ad hominem constitue un sophisme récusable, l’attaque ad personam monte souvent un cran au-dessus en matière d’indignité…
Ad feminam
Beaucoup plus rarement, on peut rencontrer la locution ad feminam (et non ad feminem ; attention à cette coquille courante) appliquée non pas à une variante de l’argument ad hominem, mais comme une variante de l’argument ad personam intenté contre une femme et appliquant une rhétorique sexiste.
En effet, là où la locution ad hominem est non genrée, l’attaque ad feminam repose sur l’attaque personnelle, et use de stéréotypes misogynes, même détournés.
En effet, en lui assénant sur un ton extrêmement condescendant : « Calmez-vous madame, ça va bien se passer, ne vous vexez pas… », plutôt que de répondre sur le fond, Gérald Darmanin tente d’échapper à ses responsabilités. Il n’hésite pas pour cela à véhiculer le stéréotype selon lequel une femme dans la contradiction est forcément « hystérique ». Il est immédiatement accusé de sexisme, et à raison, puisqu’il s’est livré à une forme d’argument ad feminam particulièrement paternaliste…
Il s’agit là d’une simple modulation qui va dans le sens d’une meilleure égalité des genres sur le plan linguistique, mais les mécanismes et les définitions de l’argument ad personam et celui de l’argument ad feminam restent les mêmes sur le fond.
Le tout est de ne pas relier argument ad hominem et argument ad feminam, comme notre instinct linguistique pourrait nous y pousser…
Car, même en matière de rhétorique, la logique elle-même échappe parfois… à notre sens pratique !
Ad hominem : comment l’orthographier ?
À l’oral, le problème ne se pose pas, mais quand on doit employer une locution latine à l’écrit, deux paramètres typographiques doivent faire l’objet d’une attention particulière :
- l’usage de l’italique,
- la présence (ou l’absence) de tiret entre les éléments de ladite locution.
Ad hominem ne déroge bien sûr pas à cette règle…
Ad hominem : italique ou non ?
Ad hominem étant une locution latine sans variation orthographique ni francisation de tout ou partie de ses termes, on l’écrit toujours en italique, quels que soient le nom qu’elle complète ou le contexte d’utilisation.
- Ce genre d’attaque ad hominem fait la honte du journalisme.
- Ce genre d’attaque ad hominem fait la honte du journalisme.
De l’absence de tiret à ad hominem
Dans la même veine que d’autres locutions latines construites sur le même modèle binaire (de facto, in situ, statu quo, stricto sensu…), ad hominem n’échappe pas à cette tendance naturelle que l’on a d’ajouter aux locutions latines utilisées en français moderne un trait d’union entre les mots qui la composent.
Pourtant, il s’agit là d’une erreur, et la règle en vigueur ne souffre aucune exception : ad hominem ne prend jamais de tiret.
- De nos jours, il semblerait qu’il soit de plus en plus facile de gagner un débat politique en enchaînant les attaques ad hominem…
- De nos jours, il semblerait qu’il soit de plus en plus facile de gagner un débat politique en enchaînant les attaques ad-hominem…
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Tihay, L. (2 avril 2026). Ad hominem | Définition. Quillbot. Date : 9 avril 2026, issu de l’article suivant : https://quill.visionseotools.cloud/fr/blog/locutions-latines/ad-hominem/